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Carence en fer chez la femme sportive : comment agir

Carence en fer chez la femme sportive : symptômes, ferritine basse et solutions alimentaires pour retrouver énergie et performance durablement.

15 min de lectureDr en pharmacie Germain GravotPar Dr en pharmacie Germain Gravot
Carence en fer chez la femme sportive : comment agir

En bref

La carence en fer chez la femme sportive est fréquente, souvent silencieuse et réversible. Elle se repère par une fatigue persistante et une ferritine basse, et se corrige par une assiette riche en fer, une meilleure absorption et, si besoin, une supplémentation encadrée par un médecin.

Vous mangez équilibré, vous enchaînez les séances avec sérieux, et pourtant la fatigue ne vous lâche pas. Vos jambes semblent plus lourdes, votre souffle plus court sur des allures qui vous paraissaient faciles il y a encore trois mois. Avant de mettre cela sur le compte d'un simple coup de moins bien, il faut savoir une chose : le manque de fer chez la femme active est l'une des causes les plus fréquentes et les plus sous-estimées de ce plafond de verre. Un fer bas chez la sportive ne se voit pas dans le miroir, il se lit sur une prise de sang, et surtout, il se corrige.

La bonne nouvelle, c'est que cette situation est réversible. En comprenant pourquoi vous êtes exposée, en repérant les bons signaux, en dosant les bons marqueurs et en ajustant votre assiette, vous pouvez retrouver votre énergie et votre niveau. Dans ce guide, vous allez apprendre à comprendre les mécanismes, repérer les symptômes, doser vos réserves et corriger durablement, sans privation ni promesse miracle.

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Pourquoi la carence en fer touche particulièrement la femme sportive

La carence en fer chez la femme sportive n'est pas une fatalité génétique : c'est le résultat d'une équation où les besoins montent pendant que les pertes s'accumulent. Pour comprendre comment agir, il faut d'abord saisir ce que le fer fait dans votre corps, et pourquoi votre profil vous rend plus vulnérable.

Le fer est un oligoélément que l'organisme ne sait ni fabriquer, ni éliminer activement. Tout repose donc sur un équilibre fragile entre ce que vous apportez par l'alimentation et ce que vous perdez au quotidien. Quand la balance penche durablement du mauvais côté, les réserves — mesurées par la ferritine — se vident en silence, souvent bien avant que le moindre symptôme visible n'apparaisse.

  • 20 à 25 %part des femmes en âge de procréer présentant des réserves de fer basses
  • 18 mg/jbesoins moyens en fer d'une femme réglée, contre 8 mg/j chez l'homme
  • jusqu'à 20 mg/jbesoins estimés chez la sportive d'endurance

Étude SU.VI.MAX et données de population (ANSES), femmes en âge de procréer

Les 4 causes de perte de fer chez la sportive

Infographie des quatre causes de perte de fer chez la femme sportive

Le fer, un oligoélément vital pour l'énergie et l'endurance

Le fer n'est pas un détail de la biochimie : il est au cœur de votre capacité à produire de l'énergie et à tenir l'effort. Il entre dans la composition de l'hémoglobine, la protéine des globules rouges qui transporte l'oxygène des poumons vers les muscles, et de la myoglobine, qui stocke cet oxygène directement dans le tissu musculaire. Sans un stock de fer suffisant, chaque respiration délivre moins d'oxygène aux fibres qui travaillent.

Le fer intervient aussi dans la chaîne respiratoire des cellules, là où l'énergie est réellement fabriquée, et dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Autrement dit, quand vos réserves baissent, ce n'est pas seulement votre chrono qui souffre : c'est votre tonus général, votre récupération et votre résistance aux petites infections. Voilà pourquoi un déficit, même modéré, se ressent si vite quand on est active.

Des besoins et des pertes plus élevés chez la femme

La femme part avec une double contrainte. Ses besoins de base sont plus de deux fois supérieurs à ceux de l'homme, principalement à cause des menstruations qui, chaque mois, emportent une quantité non négligeable de fer. Chez la sportive, ces besoins grimpent encore, car l'activité physique intensifie les pertes et sollicite davantage la fabrication de globules rouges.

Ce cumul explique pourquoi le manque de fer femme active est si répandu, et pourquoi il passe souvent inaperçu : on l'attribue à la charge de travail, au stress ou au manque de sommeil, alors que la vraie cause se joue au niveau des réserves.

Comment l'effort intensif épuise les réserves martiales

Le sport aggrave le déficit par quatre mécanismes distincts. La transpiration abondante entraîne une petite fuite de fer à chaque séance. Les impacts répétés au sol, notamment en course à pied, provoquent une hémolyse dite « de choc plantaire » : des globules rouges sont détruits sous l'effet des chocs. À l'effort intense et prolongé, la circulation sanguine se détourne de l'intestin, ce qui favorise de micro-hémorragies digestives et une moindre absorption. Enfin, l'inflammation liée à l'entraînement peut perturber la mise à disposition du fer.

Pris isolément, chacun de ces phénomènes reste modeste. Additionnés semaine après semaine, ils expliquent pourquoi le fer et l'endurance féminine entretiennent une relation si délicate. Pour aller plus loin sur l'ensemble des apports spécifiques à votre profil, notre guide des besoins nutritionnels de la femme sportive complète utilement ce chapitre.

Besoins indicatifs en fer selon le profil

ProfilBesoins en fer estimésFacteur aggravant principal
Homme adulte~8 mg/jourFaibles pertes
Femme réglée sédentaire~16-18 mg/jourMenstruations
Femme sportive régulière~18-20 mg/jourMenstruations + effort
Sportive d'endurance / végétariennejusqu'à 20 mg/jour et plusPertes cumulées + absorption réduite
Valeurs de référence, à moduler avec un professionnel de santé

Reconnaître les symptômes d'un manque de fer chez la sportive

Le plus déroutant avec la carence en fer, c'est sa discrétion. Les symptômes s'installent lentement, se confondent avec la fatigue « normale » de l'entraînement, et l'on finit par croire que c'est le prix à payer pour progresser. Apprendre à distinguer ces signaux est la première étape concrète pour agir.

Les symptômes du manque de fer chez la sportive

Infographie des symptômes de la carence en fer chez la femme sportive

Fatigue, essoufflement et baisse de performance

Les premiers signaux touchent directement votre pratique. Une fatigue anormale, qui persiste malgré des nuits correctes, doit alerter. Vient ensuite un essoufflement inhabituel : vous êtes à bout de souffle sur des allures pourtant faciles, comme si votre moteur manquait d'air. La récupération s'allonge, les courbatures traînent, et vos séances de qualité deviennent laborieuses.

Sur le plan objectif, la carence en fer et la baisse de performance vont de pair : moins d'oxygène transporté signifie une consommation maximale d'oxygène (VO2 max) et une endurance en recul. Beaucoup de coureuses décrivent une impression de « plafonner » sans raison apparente. Ce plateau, quand il s'accompagne de fatigue, est un motif solide pour vérifier vos réserves.

Les signaux physiques à ne pas négliger

Au-delà de la performance, le corps envoie d'autres signes. Le teint devient plus pâle, les cheveux ternissent et tombent davantage, les ongles se fragilisent et se cassent. Des maux de tête, des vertiges légers, une frilosité inhabituelle ou une sensibilité accrue aux infections peuvent compléter le tableau.

Certaines femmes rapportent aussi un syndrome des jambes sans repos, cette envie irrépressible de bouger les jambes le soir, ou des difficultés de concentration. Aucun de ces signes de manque de fer n'est spécifique à lui seul, mais leur accumulation dessine une tendance qui mérite un bilan.

Carence sans anémie : le stade précoce à repérer

Voici le point le plus important de ce chapitre. On peut manquer de fer sans être anémique. Dans ce cas, l'hémoglobine reste dans les normes — votre prise de sang « classique » semble rassurante — alors que la ferritine, qui reflète les réserves, est déjà basse. C'est la carence en fer sans anémie, un stade précoce très fréquent chez les femmes réglées et sportives.

À ce stade, les réserves sont vides mais l'organisme tient encore le taux d'hémoglobine à flot. Le problème, c'est que la fatigue et la baisse de performance peuvent déjà être bien présentes. Ne pas la repérer, c'est laisser filer la situation vers l'anémie.

Ferritine et bilan sanguin : comprendre ses réserves de fer

Pour agir juste, il faut mesurer juste. Un bilan de fer bien demandé et bien interprété vaut tous les questionnaires du monde. Encore faut-il réclamer les bons marqueurs, car un dosage incomplet peut vous laisser croire que tout va bien alors que vos réserves sont à sec.

Lire son bilan de fer

Infographie expliquant la lecture d'un bilan sanguin du fer

Quels marqueurs demander à votre médecin

Le marqueur central est la ferritine, qui reflète l'état de vos réserves : c'est elle qui chute en premier. L'hémoglobine, elle, mesure l'oxygène transporté et ne baisse qu'au stade de l'anémie. Pour affiner, votre médecin peut aussi demander le coefficient de saturation de la transferrine, qui renseigne sur le fer disponible pour l'organisme, et le volume globulaire moyen (VGM), qui révèle une microcytose (globules rouges plus petits) évocatrice d'un déficit installé.

L'erreur classique consiste à se contenter d'une numération formule sanguine. Une hémoglobine « normale » n'exclut en rien une carence : sans ferritine, vous ratez précisément le marqueur qui se dégrade le plus tôt. Demandez-le explicitement.

Quels seuils de ferritine pour une femme sportive

L'interprétation demande de la nuance. Chez la femme jeune et réglée, une ferritine inférieure à 20 µg/L signe clairement une carence. Mais l'histoire ne s'arrête pas là : des symptômes de fatigue et de baisse de performance peuvent exister avec une ferritine comprise entre 20 et 50 µg/L, une zone que beaucoup de sportives ont intérêt à surveiller de près. En parallèle, une hémoglobine supérieure ou égale à 12 g/dL est considérée comme normale.

Attention toutefois : la ferritine est aussi un marqueur d'inflammation. En cas de syndrome inflammatoire, d'infection récente ou après une séance très intense, elle peut être artificiellement élevée et masquer une carence. D'où l'importance de l'interpréter avec votre médecin, en tenant compte du contexte.

Seuils indicatifs de ferritine

ProfilSeuil de carenceCommentaire
Femme jeune régléeFerritine < 20 µg/LCarence confirmée, à corriger
Sportive symptomatiqueFerritine 20-50 µg/LZone « grise » : symptômes possibles, à surveiller
Contexte inflammatoireFerritine faussement ↑Résultat à réinterpréter avec le médecin
Valeurs à interpréter avec un professionnel de santé

Quand et à quelle fréquence se faire suivre

Chez une sportive, un contrôle une à deux fois par an constitue un bon repère, surtout en période de forte charge d'entraînement ou de préparation d'objectif. En cas de carence avérée et de supplémentation en cours, le suivi se resserre : un nouveau dosage après quelques semaines à trois mois permet de vérifier que les réserves remontent.

Gardez une trace de vos valeurs au fil du temps. Une ferritine qui glisse progressivement d'un contrôle à l'autre, même en restant « dans les normes », est un signal d'alerte précoce qui vous permet d'agir sur l'assiette avant d'en arriver à la fatigue.

Guide micronutrition : vitamines, minéraux et superaliments

Un guide complet pour comprendre vos besoins en minéraux clés, dont le fer, et les synergies qui améliorent leur absorption au quotidien.

Les aliments riches en fer à mettre dans l'assiette

Une fois le diagnostic posé, l'assiette devient votre premier levier. Bonne nouvelle : remonter son fer ne rime ni avec privation, ni avec monotonie. Tout se joue sur le choix des aliments et, surtout, sur la façon de les combiner.

Les aliments riches en fer

Infographie des aliments riches en fer héminique et non héminique

Le fer héminique : viande rouge, boudin, abats et fruits de mer

Il existe deux formes de fer alimentaire, et elles ne se valent pas à l'absorption. Le fer héminique, présent dans les aliments d'origine animale, est le mieux assimilé : l'organisme en absorbe environ 20 à 25 %. On le trouve en abondance dans le boudin noir, le foie et les abats, la viande rouge, mais aussi dans certains fruits de mer comme les palourdes, les moules et les huîtres.

Concrètement, quelques portions bien choisies dans la semaine font une vraie différence. Inutile de transformer chaque repas en steak : deux à trois apports hebdomadaires de sources héminiques, en variant les plaisirs, constituent une base solide et gourmande pour reconstituer vos réserves.

Le fer non héminique : légumineuses, oléagineux et cacao

Le fer non héminique provient du monde végétal. Son absorption est plus modeste — de l'ordre de 5 à 10 % — mais ces aliments sont incontournables, riches en fibres et faciles à intégrer au quotidien. Lentilles, pois chiches, haricots blancs et rouges, tofu, graines de courge et de sésame, noix de cajou, cacao non sucré, flocons d'avoine et légumes verts à feuilles apportent tous une contribution utile.

La clé, avec le fer végétal et son absorption, c'est l'association : consommé avec une source de vitamine C, ce fer devient nettement mieux assimilé. Un plat de lentilles relevé de poivron cru ou arrosé d'un filet de citron n'est pas qu'une question de goût, c'est une stratégie nutritionnelle.

Teneur en fer des principaux aliments (pour 100 g)

AlimentTeneur en ferType
Boudin noir~20 mgHéminique
Foie de volaille~9 mgHéminique
Palourdes, moules~5-15 mgHéminique
Graines de courge~9 mgNon héminique
Lentilles cuites~3,3 mgNon héminique
Pois chiches cuits~2,5 mgNon héminique
Épinards cuits~2,7 mgNon héminique
Cacao non sucré~10 mgNon héminique
Valeurs indicatives, teneur avant cuisson

Taux d'absorption du fer héminique vs non héminique

Infographie comparant le taux d'absorption du fer héminique et non héminique

Le cas des sportives végétariennes et véganes

Sans fer héminique, l'exercice se complique, mais reste tout à fait faisable avec de la méthode. Les sportives végétariennes et véganes doivent viser une plus grande variété de sources végétales, en multipliant légumineuses, oléagineux, produits à base de soja, céréales complètes et légumes verts. La vigilance est renforcée : un bilan régulier devient d'autant plus pertinent que le risque de carence en fer chez la sportive végétarienne est réel.

L'atout majeur reste l'association systématique avec la vitamine C et l'espacement des inhibiteurs comme le thé. Pour élargir votre répertoire de protéines végétales riches en fer, notre article sur les substituts de viande efficaces et notre menu de la semaine riche en fer vous donnent des idées concrètes et gourmandes.

Optimiser l'absorption du fer au quotidien

Manger du fer ne suffit pas : encore faut-il que votre corps l'absorbe. Or, l'absorption est un jeu d'alliances et de rivalités entre nutriments. Maîtriser ces interactions, c'est parfois plus efficace que d'augmenter les quantités.

Les alliés et les freins de l'absorption du fer

Infographie des aliments qui favorisent ou freinent l'absorption du fer

Les alliés : vitamine C, protéines animales et cuivre

La vitamine C est votre meilleure alliée : elle transforme le fer non héminique en une forme bien mieux absorbée. Un simple filet de citron, quelques lamelles de poivron cru, un kiwi ou une orange à côté de votre plat de légumineuses peuvent multiplier l'absorption. Les protéines animales (viande, poisson) exercent aussi un effet facilitateur, tout comme le cuivre et certains aliments fermentés, qui améliorent la biodisponibilité.

L'idée n'est pas de compter les milligrammes, mais d'installer un réflexe : à chaque repas riche en fer végétal, ajoutez une touche de vitamine C. C'est gratuit, gourmand, et redoutablement efficace.

Les inhibiteurs : thé, café, calcium et phytates

À l'inverse, plusieurs composés freinent l'absorption. Les tanins du thé et du café en tête, mais aussi le calcium (produits laitiers), les phytates des céréales complètes et des légumineuses, les oxalates des épinards et divers polyphénols. Cela ne signifie pas qu'il faille bannir ces aliments — beaucoup sont excellents par ailleurs — mais plutôt les espacer de vos repas riches en fer.

Concrètement, gardez le thé et le café pour l'après-midi, à distance des repas, et évitez de faire du grand bol de lait le compagnon systématique de votre plat de lentilles. Le trempage et la germination des légumineuses réduisent aussi leur teneur en phytates.

Bien composer et espacer ses repas

Toute la nutrition sportive et les apports en fer se résument à quelques associations gagnantes. Pensez « duos » : lentilles + poivron, bœuf + salade d'agrumes, houmous + jus de citron, tofu + brocolis vapeur arrosés de citron. En parallèle, espacez de deux heures environ vos sources de fer et vos grandes tasses de thé ou de café, ainsi que les apports importants de calcium.

Cette logique de composition rejoint les principes d'une alimentation anti-fatigue au quotidien, où chaque repas est pensé pour soutenir votre énergie plutôt que de la disperser.

FacteurEffet sur l'absorptionConseil pratique
Vitamine C (agrumes, poivron, kiwi)Nettement favorableÀ ajouter à chaque repas riche en fer
Protéines animalesFavorableAssocier viande/poisson au fer végétal
Thé et café (tanins)DéfavorableÀ boire 2 h après le repas
Calcium (produits laitiers)DéfavorableÀ espacer des repas riches en fer
Phytates (céréales, légumineuses)DéfavorableTremper, faire germer avant cuisson

Ce qui favorise et ce qui freine l'absorption du fer

Adapter son entraînement pour préserver ses réserves de fer

Votre assiette fait la moitié du travail ; votre planning d'entraînement fait l'autre. Car certaines pratiques épuisent le fer plus vite que d'autres, et de simples ajustements permettent de protéger vos réserves le temps de les reconstituer.

Adapter son entraînement pour préserver le fer

Infographie sur l'adaptation de l'entraînement pour préserver le fer

Diversifier les pratiques et limiter les impacts

Les impacts au sol de la course à pied sont l'un des principaux moteurs de l'hémolyse de choc plantaire. Diversifier ses séances permet de réduire cette usure : le vélo, la natation, l'elliptique ou le rameur entraînent le système cardiovasculaire sans la répétition des chocs. Alterner ces disciplines, surtout quand vos réserves sont basses, aide à limiter la destruction des globules rouges tout en maintenant votre condition physique.

Cette approche croisée n'est pas un renoncement : c'est une gestion intelligente de la charge, qui vous permet de continuer à progresser pendant que votre corps refait ses stocks.

Doser l'intensité et respecter la récupération

Le surentraînement irrite le tube digestif, entretient l'inflammation et perturbe l'absorption du fer. Doser l'intensité et sanctuariser la récupération sont donc des mesures directement « pro-fer ». Visez au moins deux jours de repos complet par semaine et évitez d'enchaîner les séances très intenses sans respiration.

La récupération et les réserves de fer avancent main dans la main : bien récupérer, c'est laisser à l'organisme le temps de fabriquer ses globules rouges et de reconstituer ses stocks. Un sommeil de qualité et une alimentation suffisante en énergie complètent ce socle.

Aménorrhée et RED-S : les signaux d'alerte

Un point mérite une attention particulière. L'absence de règles chez la sportive (aménorrhée) n'est jamais anodine. Elle s'inscrit souvent dans un déficit énergétique relatif dans le sport (RED-S), c'est-à-dire un apport calorique insuffisant par rapport à la dépense, qui fragilise les os, l'équilibre hormonal et la santé globale.

Paradoxalement, une aménorrhée réduit certes les pertes menstruelles de fer, mais elle est le symptôme d'un problème plus large qui appelle un accompagnement. Si vos règles disparaissent, ce n'est pas une bonne nouvelle pour votre santé : c'est un motif de consultation.

Attention à l'aménorrhée

L'absence de règles chez la sportive n'est pas un simple effet de l'entraînement. Elle peut signaler un déficit énergétique (RED-S) aux conséquences osseuses et hormonales sérieuses, et justifie toujours un avis médical.

Supplémentation en fer : quand et comment agir

La supplémentation est un outil précieux, mais ce n'est ni le premier réflexe, ni un geste à prendre à la légère. Bien encadrée, elle relance vos réserves ; mal utilisée, elle expose à des risques réels. Voici comment aborder cette étape avec sérieux.

Le parcours de supplémentation en fer

Infographie du parcours de supplémentation en fer chez la sportive

Quand la supplémentation devient nécessaire

La supplémentation s'envisage lorsqu'une carence est confirmée par un bilan sanguin et accompagnée de symptômes, jamais en automédication. C'est votre médecin qui pose l'indication, en tenant compte de vos valeurs de ferritine, de votre contexte et de vos objectifs sportifs.

Tant que la carence reste modérée, l'assiette et l'optimisation de l'absorption suffisent souvent à redresser la situation. La supplémentation intervient quand l'alimentation seule ne parvient plus à combler le déficit, ou quand les réserves sont trop basses pour attendre.

Comment la prendre pour bien la tolérer

En première intention, le fer se prend par voie orale. Un point clé, encore mal connu : une prise un jour sur deux est souvent aussi efficace, voire davantage, qu'une prise quotidienne, tout en étant nettement mieux tolérée sur le plan digestif. Associez la prise à une source de vitamine C et éloignez-la du thé, du café et du calcium pour optimiser l'absorption.

Les troubles digestifs (constipation, inconfort) sont la première cause d'abandon. Espacer les prises, les prendre au bon moment et respecter la posologie prescrite améliore beaucoup le confort et l'observance.

Durée du traitement et suivi dans le temps

Reconstituer des réserves vides prend du temps. Un traitement dure généralement au moins trois mois, parfois davantage, car il ne s'agit pas seulement de normaliser l'hémoglobine mais bien de remplir le stock de ferritine. Un contrôle sanguin en cours et en fin de traitement permet de vérifier l'évolution et d'ajuster.

Une fois les réserves reconstituées, l'objectif est de les entretenir par l'alimentation et une bonne gestion de l'entraînement, pour ne pas retomber dans le cycle. Le suivi régulier reste votre meilleure assurance sur le long terme.

Retenez l'essentiel : la carence en fer chez la femme sportive est fréquente, souvent silencieuse et, surtout, réversible. Elle se repère par la fatigue et par la ferritine, se corrige d'abord par l'assiette et l'ajustement de l'entraînement, et parfois par une supplémentation encadrée. Aucun de ces leviers ne relève de la privation ou du régime miracle : ce sont des ajustements concrets, chiffrés et durables. Parce que vos besoins en fer dépendent de votre cycle, de votre volume d'entraînement et de votre mode alimentaire, un accompagnement personnalisé vous aide à traduire ces principes en repas gourmands, adaptés à votre profil et à vos objectifs — pour retrouver l'énergie et la performance qui vous ressemblent.

Questions fréquentes

Pourquoi les femmes sportives manquent-elles souvent de fer ?

Elles cumulent des besoins élevés et des pertes importantes : menstruations, transpiration abondante, destruction de globules rouges liée aux impacts (hémolyse) et micro-saignements digestifs à l'effort. Un régime pauvre en fer héminique accentue le risque. Cette combinaison explique une prévalence nettement supérieure à celle des femmes sédentaires.

Comment savoir si je suis carencée en fer en faisant du sport ?

Les signaux les plus parlants sont une fatigue persistante, un essoufflement inhabituel à l'effort, une récupération lente et une baisse de performance. Seul un bilan sanguin, centré sur la ferritine, confirme la carence. Consultez votre médecin si ces symptômes s'installent malgré un sommeil suffisant.

Quels sont les symptômes d'une carence en fer chez la sportive ?

Fatigue anormale, essoufflement, teint pâle, chute de cheveux, ongles cassants, maux de tête, difficultés de concentration, syndrome des jambes sans repos et sensibilité accrue aux infections. Ces signes peuvent apparaître avant toute anémie, dès que les réserves de fer diminuent.

Quel taux de ferritine pour une femme sportive ?

Chez la femme jeune, une ferritine inférieure à 20 µg/L signe une carence, mais des symptômes peuvent exister jusqu'à des valeurs proches de 50 µg/L. L'interprétation dépend du contexte (inflammation, comorbidités) et doit toujours se faire avec un professionnel de santé.

Le sport fait-il baisser le taux de fer chez la femme ?

Oui. L'activité régulière augmente les pertes de fer par la transpiration, l'hémolyse liée aux impacts, les turbulences circulatoires et l'ischémie digestive à l'effort. Les sports d'endurance et à impacts, comme la course, sont les plus concernés, ce qui expose davantage les sportives.

Peut-on manquer de fer avec une prise de sang normale ?

Oui. On parle de carence sans anémie : l'hémoglobine reste normale alors que les réserves, mesurées par la ferritine, sont basses. C'est un stade précoce fréquent chez les femmes réglées et sportives, qui peut déjà altérer l'énergie et la performance.

Quels aliments privilégier pour remonter son fer ?

Les sources de fer héminique (boudin, foie, viande rouge, fruits de mer) sont les mieux absorbées. Complétez avec des légumineuses, des oléagineux, du cacao et des légumes verts, en les associant à une source de vitamine C pour améliorer l'absorption du fer végétal.

Faut-il prendre un complément de fer quand on est sportive ?

Uniquement après un bilan et sur avis médical : l'excès de fer est nocif. Lorsqu'elle est prescrite, la supplémentation orale, souvent un jour sur deux, est mieux tolérée. Elle dure en général au moins trois mois et s'accompagne d'un suivi biologique.

À propos de l'auteur

Dr en pharmacie Germain Gravot

Dr en pharmacie Germain Gravot

Pharmacien conseil | Spécialiste en Micronutrition & Toxicologie

Doctorat en PharmacieDU MicronutritionMaster 2 Toxicologie Humaine

Docteur en Pharmacie, DU Micronutrition et Master 2 en Toxicologie Humaine (Université Paris-Saclay), le Dr en pharmacie Germain Gravot est pharmacien conseil en officine. Ancien expert en pharmacovigilance aux Hospices Civils de Lyon et dans l'industrie pharmaceutique, il traduit la science du médicament en conseils nutrition concrets pour les patients de MonCoachGourmand.

Un conseil nutritionnel ne vaut que s'il est fondé sur les preuves et applicable dès demain.

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